|
|
||||||||||
Enluminure du 21ème Siècle
Marius Watz a intitulé une de ses premières fameuses séries de photographies "Illuminations". Un terme qui revoit en anglais aux enluminures. Pourquoi ne pas oser alors un parallèle avec le monde des riches enluminures occidentales de l’antiquité, du moyen âge et de la renaissance ? Les workshops sur l’art génératif, toujours plus nombreux, incitent les artistes de la technologie informatique à s’immerger au cœur de leur concentration et de leur tâche pendant des jours et des semaines. Ce n’est sans rappeler les religieux affairés aux tables d’écriture des monastères sur lesquelles ils se penchaient sur les copies de la Bible et sur leurs codex.
L’enlumineur norvégien dit, avec fierté, avoir découvert l’ordinateur à l’age de onze ans. Ce fut une révélation immédiate : la passion de sa vie. Les disciples des maîtres enlumineurs ont été plongés dans le monde de l’ornementation poussée à l’extrême, afin qu’ils se perfectionnent au niveau créatif durant leur vie entière, selon un ensemble de règles, nommé aussi Programme.
Le texte qui accompagne l’enluminure est l’élément central mais invisible dans le domaine de l’art génératif. L’œuvre créée par l’artiste est le résultat du respect d’un ensemble de règles, de nature musicale ou linguistique, un mécanisme ou un code binaire – pour ainsi dire, un programme informatique. Ainsi, les œuvres de Marius Watz naissent simplement de données numériques métamorphosées en formes dynamiques et en couleurs lumineuses. Les outils virtuels qu’il utilise se nomment Java, Processing, VVVV et Flash. L’artiste ne travaille pas uniquement les surfaces bidimensionnelles. Il créé également et avec énergie des animations, des installations et des sculptures. Ainsi, Watz transmet son appréhension du monde des données esthétiques comme un prédicateur itinérant et inlassable de l’art numérique.